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Nous y voilà. Enfin. Tu marche seul(e) dans la rue. Dans les rues de ta belle ville. Tu avance, un pied devant l'autre. Tu ne te rends même pas compte de ce que tu fais. Tu regarde droit devant toi, tu évite quelques passants, jette des regards furtifs aux alentours, et marque des pauses avant de traverser. Tout simplement. Tu marches, vers une destination qui t'es promise. Et puis ne sachant quoi faire tu te met à penser. Tu penses à ceux que tu aimes, la vie que tu mène, tes projets d'avenirs. Puis après le temps des réflexions, tu te met à regretter. Tu regrettes de t'être fait confisqué ton iPod, d'avoir si souvent séché les cours, de n'avoir pas vraiment bossé durant l'année scolaire. Tu regrettes de ne pas avoir sut saisir certaines opportunités, puis tu te met à regretter ta vie, les mauvais jours. Puis tu te rappelle. L'été dernier. Ces jours ensoleillés, à la chaleur épuisante. Tu te dis que tu marches vers l'été. Tu y pense. Pourtant tu continue de marcher. Jetant un coup d'½il à la circulation, tu porte un regard curieux sur le monde et te satisfait d'un sourire en coin. Tu ne sent pas la fatigue. Tu es là. Les mots envahissent tes pensées. Tu te promet l'impossible, il n'y a plus que toi. En train de marcher. Tu vois le Bus qui te rattrape, mais c'est bon de marcher. Ça fait déjà dix minutes, mais ce n'est pas grave, tu marche ! Ton portable vibre, et tu t'empresses d'y jeter un léger coup d'½il. Rien d'intéressant. Tu continue de marcher, et enfin tu es à l'ombre. Tu te laisse effleurer par la douce bise qui vient te caresser le visage, comme pour te dire de continuer. Tu ne t'arrête pas. Tu louche discrètement sur la vitrine d'une boutique. Mais tu ne te laisse surtout pas distraire. Bientôt, tu devras faire un choix. Choisir le chemin le plus court. On dit qu'il faut toujours aller à gauche ? Alors tu iras à droite. C'est ton fameux esprit de rébellion. Là tu vois une fillette avec une glace dans les mains. Toi aussi tu voudrais être confortablement installé(e) dans une poussette, et dévorer une bonne glace à la fraise. Mais passons ! Tu vois un beau manège. Tu souris. Tu souris comme pour te persuader que toi aussi ton enfance à été heureuse. Tu te remémore tes six ans. Quand tu suppliais tes parents de te laisser faire un tour. Rien qu'un seul. Et si jamais ceux-ci esquissait le moindre refus, tu ferais le plus fameux des caprices, avant de te décourager et de repartir. Mais tu frémis au klaxon d'une voiture. Il te faut refaire un choix. Cette fois-ci tu iras à gauche. Même si tu te rends compte que tu fais un détour énorme. Tu cherche une certaine Avenue, le numéro 2. Tu cherches, une moindre indication, des yeux. Tu vois inscrit en gros le numéro 159. Tu crois t'effondrer. Combien de kilomètres te faudra-t-il encore faire avant d'arriver au numéro 2 ?? Courage ! Cela fait maintenant vingt minutes que tu marche. Tu presse légèrement le pas en espérant arriver plus vite. Tu cherche des visages familiers, mais pas un seul... Tu ne te décourage pas, voyons ! Tu continue, plus solide que jamais. Jusqu'au moment où l'odeur de la viennoiserie emplie tes narines. C'est trop ! Tu voudrais faire demi-tour, rentrer chez toi. Boire une bonne limonade bien fraîche et t'allonger sur ton lit. Mais tu ne peux pas. Tu voudrais fortement. Cependant tu n'en a pas la possibilité. Et puis déjà tout ce chemin parcouru. Tu aperçois le numéro 78, de l'autre côté de la rue. Allez, ça fait perdre les calories englutinées dans la journée. Il fait tellement chaud que tu peux apercevoir des mirages. Tu as la gorge extrêmement sèche. Tu te dis que lorsque tu rentreras à la maison, ta mère n'aurait aucun commentaire à faire sur le fait que ta chambre ne soit pas correctement rangée. Tu as maintenant l'impression d'avoir courut un Marathon. Tu sent la fatigue t'envahir, ton visage est de plus en plus humide, et tu as les mains moites. Tu regrettes d'avoir mis un pantalon et pas un short. Tu vois le numéro 56, puis le numéro 38, puis le 22. Tu aperçois le 14. Tu souris. Plus que quelques mètres. Tu n'oses même pas regarder derrière toi, tu n'ose même pas regarder tout le chemin parcouru. Enfin le numéro 2 ! Tu traverse. Le courant d'air de la victoire est présent. Tu rentre. Tu t'attendais à une pluie de confettis au-dessus de ta tête. Même si c'était peu probable, ça t'aurait fait plaisir. Et non. Comment ça non ? Revérifiez s'il vous plait, mon nom est forcément sur la liste. Essayez dans les M, pour voir... Non ? Eh bien... J'essaierais de repasser. Tu ressort essayant de cacher au mieux ta flagrante déception. Marcher ? Encore marcher ? Non !! Tu refuse ! Et là le Bus passe juste devant toi, comme pour te narguer. Tu t'assois à l'arrêt. Tu n'as plus qu'une seule envie... Pleurer. Pleurer toutes les larmes de ton corps et injurier ce monde de pestes ! C'est difficile. Car tu t'es t'étais juré de ne plus jamais pleurer. Mais tu n'y peux rien, les larmes viennent d'elles-même. Tu respire tranquillement. Tu voudrais te lamenter, mais qui serait là pour t'écouter ? Il arrive ce fameux Bus. Tu descend, pour en prendre un autre. Et l'autre arrive immédiatement, tu cours. Même si tu as très mal, tu ne veux absolument pas le rater celui-là ! Tu entre. Une chaleur étouffante emplie le véhicule, l'odeur de la transpiration. Tout ça te dégoûte et te donne encore plus envie de pleurer. Tu descend, tu rentre chez toi. Tu cherches tes clés. Et là, tu te dirige immédiatement vers la cuisine. Tu ouvres le frigo, tu cherche le Coca. Hein ??! Tu vas péter un câble ! Plus de Coca ! Tu vois la bouteille vide dans la poubelle. Et là, c'en ait vraiment trop. Tu te conteras d'un verre d'eau fraîche. Et tu trouves cette histoire tellement passionnante, que tu t'empresses d'aller la raconter sur ton blog...
L'été 2008 Risque D'être Mémorable !